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Une classification géographique recherche généralement la variation d’une combinaison de critères dans un ensemble de lieux spatialement ordonné. Les critères spatialement différenciés s’opposent à des critères neutres, sans zonation marquée, invariants spatiaux à cette échelle. On ajoutera que les critères doivent être différenciés de façon différente. S’ils révèlaient tous la même organisation spatiale, ils seraient géographiquement redondants et un seul suffirait.[...]
La classification est une pratique quotidienne qui différencie ; caractérise, identifie, simplifie. En tant qu’opération logique, la classification implique des définitions, des règles et de la cohérence. Au plan des définitions, il importe de dire ce qu’est l’unité (ou l’élément), le sous-ensemble, l’ensemble et le référentiel. L’unité géographique est une portion de la surface terrestre, la plus petite qu’ont ait à envisager dans l’étude. Classer en sous-ensembles les unités d’un même ensemble implique qu’il existe entre eux une relation, simple ou non. La plus évidente est la comparabilité. Parmi les autres relations que l’on peut rencontrer en géographie, cinq paraissent importantes : ressemblance, fonctionnalité, parenté, voisinage spatial, voisinage temporel.[...]
La ressemblance est la plus employée ; elle permet de définir des sous-ensembles homogènes, tels que leurs éléments se ressemblent plus qu’ils ne ressemblent à ceux d’autres sous-ensembles. La relation de fonctionnalité décrit l’interdépendance d’éléments d’un sous-ensemble. Lorsqu’on est amené à distinguer des sous-ensembles spatiaux à partir d’interrelations(flux par exemple), c’est cette relation que l’on utilise implicitement. On vérifie souvent dans ce genre d’étude qu’une forte connexité coïncide avec la proximité spatiale, ce qui manifeste la « rugosité » de l’espace et une certaine cohésion. Alors que la ressemblance est plutôt employée entre unités-surfaces, la fonctionnalité l’est plutôt entre points (villes) dominant et entrainant des arrière-pays. Le voisinage spatial est une relation géographique par excellence. Elle ne vise pas à décrire un principe d’union entre éléments mais de simples positions relatives ; elle ne peut donc jamais intervenir seule, souvent nécessaire elle n’est jamais suffisante. Elle prend la forme de la contigüité dans un espace considéré continu, de la connexité dans un espace considéré discontinu.
Transposées en cartes, les classifications géographiques peuvent prendre diverses formes. Formes d’ensemble : ou bien les classes sont spatialement éclatées, faites chacune d’éléments non contigus, ou bien la carte révèle, moyennant lissage, une organisation simple en blocs spatiaux distincts. Formes de détails entre aires, zones, régions, les configurations rencontrées peuvent être de quatre types : le pavage (le domaine étudié est partagé en blocs jointifs), le pavage avec espace intersticiel, le chevauchement de sous-ensembles (un élément peut appartenir à plus d’une partie de l’ensemble), inclusion des parties les unes dans les autres (cette forme traduit une organisation plus ou moins auréolaire). Enfin, il faut non seulement caractériser et cartographier mais aussi identifier et nommer. Chaque type, chaque bloc, chaque association spatiale doit se différencier des autres par un nom (symbolisant son contenu, sa localisation)

Pierre Dumolard