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Métropolisation

 
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La métropolisation est une notion forgée par extension du terme « métropole » (étymologiquement : la ville-mère) pour désigner un processus de transformation qualitative, à la fois fonctionnel et morphologique des très grandes villes.

Par rapport au processus classique de concentration que représente la ville en général, la métropolisation se caractèrise par un accroissement du poids des plus grandes villes dans la répartition de certaines fonctions, ainsi que de la concentration de la population dans des aires métropolitaines. Contredisant certaines « prévisions » sur le déclin des grandes villes, le processus métropolitain s’appuie sur une mise en réseau des principales agglomérations dans laquelle les phénomènes de « connectivité » tendent à l’emporter sur les relations de proximité.

Les mutations fonctionnelles des plus grandes villes engendrent des recompositions dans la morphologie urbaine. Outre les phénomènes d’étalement urbain, la métropolisation implique, dans de nombreux cas, la formation d’une structure interne discontnue et hétérogène, faisant alterner en périphérie des zones de faibles s et des centralités secondaires (edge-cities, centre d’affaires, technopole, etc). L’ensemble de ces processus conduisent à la formation d’espaces urbains de plus en plus fragmentés remettant en cause les modèles de répartition des citadins ou des activités par rapport à un centre unique, tels ceux de W. Alonso ou de C. Clark.

Les interprétations divergent au sujet des logiques à l’oeuvre dans le processus de métropolisation. Certains comme F. Moriconi-Ebrard voient dans la métropolisation l’aboutissement logique d’un système de peuplement favorisant la concentration. Cet auteur propose un taux de métropolisation vérifiant qu’à taux d’urbanisation égal, le nombre d’habitants vivant dans les métropoles d’un pays dépend strictement de sa taille. Tandis que d’autres comme P. Veltz y voient le résultat territorial des modes de régulation postfordistes alliant incertitude conjoncturelle et flexibilité du marché du travail. De leur côté des géographes californiens tels A. Scott ou M. Dear insistent sur les relations entre mutations fonctionnelles et sociales des très grandes villes et de nouvelles formes de territorialité urbaine.

Bibliographie

Moriconi-Ebrard F., 1996, L’urbanisation du monde, Paris, Anthropos, coll villes.
Ascher F., 1995, Metapolis, ou l’avenir des villes, Paris, Odile Jacob.
Leroy S., 2000, Sémantiques de la métropolisation, L’Espace Géographique, n°1.

Bernard Elissalde