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Un modèle est un aboutissement (provisoire, bien sûr) dans la construction de la connaissance. Les faits du monde sensible peuvent bien être enregistrés, les fondements des assertions être axiomatisés, tant que la connaissance ne sera pas représentée par un modèle qui portera, voire matérialisera, l’idée que le chercheur se fait de l’objet qu’il étudie, cette connaissance restera incomplète, et boiteuse.

Il faut prendre garde aux multiples sens que peut prendre le mot "modèle" dans le langage courant ; il faut également prendre garde aux multiples sens qu’il peut prendre chez les scientifiques. Un modèle ne signifie pas exactement la même chose chez un mathématicien, un physicien, un sociologue. Il faut également différencier les modèles statiques, qui sont les représentations d’un existant quelconque, des modèles dynamiques, dont le fonctionnement permet de simuler des processus.

La définition la plus générale qu’on puisse donner est celle-ci : un modèle est une représentation simplifiée d’une réalité, qui donne du sens à cette réalité et permet donc de la comprendre. On notera cependant que, pour construire un modèle pertinent, il faut déjà avoir compris l’essentiel de la réalité de l’objet étudié. Nous retrouvons ici l’inexpugnable circularité de la construction de la connaissance.

La définition ci-dessus est insuffisante pour être appliquée a un modèle dynamique, et il faut la compléter : un modèle est alors la reconstitution simplifiée d’un processus qui veut représenter un processus du monde sensible. Un modèle dynamique comporte donc un déroulement, depuis des données d’entrée jusqu’aux résultats du fonctionnement du modèle.

Un modèle est nécessairement simplifié, sinon il serait la réalité elle-même et ne contribuerait en rien à la construction de la connaissance. C’est donc une représentation abstraite. Ce qui signifie que l’approximation - et même l’erreur - sont inhérentes aux modèles.

Il y a toujours des phases de « modélisation » dans la recherche scientifique, et, contrairement à ce qui est souvent prétendu, les modèles occupent une place aussi fondamentale dans les Sciences de l’Homme et de la Société que dans les Sciences de la Matière et de la Vie. Ils sont cependant moins formalisés, et l’auteur du discours n’a pas toujours conscience qu’il a construit un modèle. La théorie permet de progresser dans la construction des modèles, qui eux mêmes enrichissent a leur tour - ou éventuellement contredisent la théorie. On retrouve ici la progression en boucles de la construction de la connaissance.

Outre qu’elle est inévitable, la modélisation est particulièrement enrichissante dans la construction de la connaissance en Sciences de l’Homme et de la Société, car elle permet de distinguer clairement le particulier du général. Par exemple, en géographie, de longues phases d’observation et de généralisation ont permis de construire un modèle des migrations quotidiennes de travail entre les grandes villes et leur périphérie. Les écarts observés à ce modèle attirent l’attention du chercheur sur telle ou telle particularité de telle ville.

Voir aussi :
Fondements épistémologiques
analyse spatiale

Sites :
Inventaire des modèles

Henri Chamussy